Femme et produits équitable

De la ménagère à la consom'actrice

La femme moderne est une femme aux tâches multiples. Femme active ou mère travailleuse, elle assure encore la gestion du foyer. Son impact pour une consommation responsable et durable est important, car c'est elle qui prend en charge les dépenses quotidiennes. Carla de Haut, auteur de L'éco-attitude au féminin (Eyrolles, 2009), explique pour Durable.com le concept de  consom'actrice.

L’accès à l’emploi pour les femmes n’a pas réduit leur implication dans la gestion du foyer. 8 françaises sur 10 sont aujourd’hui considérées comme actives ou à la recherche d’un travail. A ces activités professionnelles s’ajoutent 20 à 30 heures de travail hebdomadaires à domicile. 80% des tâches ménagères sont en effet accomplies par les femmes. Ainsi, ce sont bien les femmes qui remplissent placards et réfrigérateurs de produits alimentaires et à usage domestique. Elles détiennent donc le pouvoir de choisir une consommation durable et respectueuse de l’environnement.

Garantes de la bonne santé du foyer

Pour Carla de Haut, auteur de L’éco-attitude au féminin (Editions Eyrolles, 2009), les femmes sont devenues de véritables « consom’actrices ». Leur impact sur le développement des produits de consommation écologiques est très important. « Au quotidien, les femmes sont détentrices de la carte bleue et du chéquier. Elles ont compris que ces précieux sésames leur donnaient la possibilité de faire passer un message ». Et ce message n’est autre que l’assurance de la qualité des produits achetés et consommés.

En effet, Carla de Haut, animatrice du site internet L'écologie au féminin, estime que si les femmes actives sont de plus en plus nombreuses, elles conservent néanmoins cette fonction ancestrale d’être les garantes d’un foyer en bonne santé. Les marques l’ont bien compris et observent attentivement les comportements des consommatrices dans les rayons des supermarchés. « Un produit de mauvaise qualité ou qui a un effet néfaste sur la santé ne fait pas long feu ».

L’argument marketing ne semble pas recevable pour Carla de Haut. « Ce ne sont pas forcément les marques qui créent la demande. C’est un mélange de plusieurs choses. Mais si les femmes se sentent observées, alors elles savent que leurs choix auront un impact. Et c’est un minimum que de pouvoir exiger la qualité ! ».

Des consommatrices militantes

Ces comportements éco-féminins ont permis l’essor de divers mouvements qui militent pour une meilleure prise en charge de l’impact sur l’environnement des produits de consommation. Les communautés des bloggeuses s’agrandissent et passent au crible produits et labels. « Les femmes ont bien compris que seules, elles n’y arriveraient pas. L’impact du réseau sera beaucoup plus fort ». D’autant qu’Internet est devenu l’outil d’engagement par excellence pour les femmes (découvrir notre article sur le sujet ici).  

Au Canada par exemple, le nesting prône la création d’un environnement intérieur dépourvu de produits toxiques. Le concept (nid en français) arrive peu à peu dans l’hexagone et les marques d’objets de décoration à base de matériaux naturels ou non toxiques se multiplient.

Ainsi, qu’il s’agisse d’alimentation ou cosmétique bio, de produits équitables ou de mode éthique, la demande et l’engagement des femmes ont permis le développement de nouveaux marchés.

L’éco-attitude, une affaire de couple

Mais cette consommation responsable reste-t-elle uniquement une affaire de femmes ? « Les femmes ont initié ces comportement, les hommes et jeunes hommes s’y intéressent de plus en plus », explique Carla de Haut, mère de trois garçons. La spécialiste de l’éco-attitude reçoit régulièrement des témoignages de pères qui s’interrogent par exemple sur les couches pour bébé ou l’impact des lessives sur l’environnement. « Certains hommes estiment que cette attitude éco-responsable n’est pas forcément féminine parce qu’ils se comportent comme tel depuis longtemps. Ils considèrent que ce n’est pas une affaire de femme, mais une affaire de couple ».

Les nouvelles générations voient en effet les pères beaucoup plus impliqués dans l’éducation des enfants. « Ces questions passaient par les femmes. Ce sont elles qui transmettent les habitudes de consommation. Aujourd’hui, ce sont des choix de vie que l’on fait à deux. »

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