Femme et engagement humanitaire

Femmes et engagement humanitaire

Les femmes sont présentes sur tous les fronts de l’aide humanitaire : lutte contre la faim, les maladies, les guerres, etc. Elles ont eu un rôle fondateur dans la création d’organismes humanitaires internationaux et continuent de jouer un rôle essentiel dans la résolution de conflits et le maintien de la paix.

Les femmes ont toujours joué un rôle essentiel dans l’aide aux plus démunis. Vérité ou préjugé, les femmes sont, dans la plupart des cultures et des religions, l’incarnation de la compassion et on imagine volontiers qu’elles puissent se sacrifier pour protéger ceux qu’elles aiment. On pense également à la figure légendaire de l’infirmière, celle que l’on retrouve souvent dans les films sentimentaux où elle soigne à la fois le corps et l’âme d’un beau soldat rescapé du champ de bataille...

Dans les faits, il est vrai que la 1ère guerre mondiale a vu naître une nouvelle corporation de soignants, celle des infirmières. Auparavant, c’était déjà majoritairement des femmes qui assuraient les soins des malades et des blessés, mais alors que les soignantes des XVIII et XIXème étaient en grande majorité des religieuses (donc bénévoles), les infirmières sont, elles, des fonctionnaires ou des libérales, qui font le choix d’exercer cette profession sans avoir à rendre de compte à Dieu. Le développement de la profession d’infirmière est étroitement lié à l’émancipation sociale et professionnelle des femmes.

La Croix-Rouge, première organisation humanitaire internationale, fut fondée en 1863 par le Suisse Jean-Henri Dunant. Son but était de secourir les blessés de guerre. L’organisation explique sur son site web que : « le rôle des femmes [au sein de la Croix-Rouge] n’a cessé de s’amplifier, par exemple avec la création du diplôme d’Etat d’infirmière (1922), la création des conductrices ambulancières (1939) et la création des infirmières pilotes secouristes de l’air (1934)… ».

Le bénévolat aujourd’hui

L’engagement des femmes ne faiblit pas. En 2006, elles représentaient plus de 70 % des 50 000 bénévoles de la Croix-Rouge répartis sur le territoire français. Selon une enquête réalisée en juin 2010 par l’IFOP pour France Bénévolat, plus de 18 millions de Français sont des bénévoles et la majorité d’entre eux sont des femmes. D’autre part, il faut noter que les femmes sont nombreuses à faire du bénévolat informel, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas rattachées à un organisme et ne sont pas recensées comme ayant une activité bénévole. L’enquête montre également qu’au contraire des hommes, les femmes ont tendance à s’engager dans des organisations plutôt que dans des associations.

Une autre étude intitulée « Le baromètre d’opinion des bénévoles » (Cinquième édition – mars 2008) réalisée par France Bénévolat et CerPhi, révèle que les femmes bénévoles sont plus attirées par les secteurs d’aide sociale et de solidarité internationale que les hommes, qui sont plus nombreux à s’engager dans des activités bénévoles liées au sport, à l’environnement ou au monde professionnel, comme le montre le tableau ci-dessous. 

Les organisations humanitaires

Le travail humanitaire international est reconnu comme étant l'une des professions les plus risquées. Le personnel médical et les casques bleus sont particulièrement exposés lorsqu’ils opèrent sur des terrains de conflits, auprès des soldats ou des populations locales. Par exemple à Haïti,  après le terrible tremblement de terre en janvier 2010, le personnel de l’ONU est menacé quotidiennement par des débordements de violences, dans les camps de réfugiés ou même dans les hôpitaux où sont soignés les malades du choléra. Cela n’empêche pas les femmes d’être présentes sur le terrain. En 2009, l’organisation humanitaire Action contre la faim annonçait qu’à son siège les effectifs étaient constitués à 37 % d’hommes et à 63 % de femmes et que ces dernières représentaient 45 % du personnel envoyé sur le terrain.

Le maintien de la paix

Selon Ban-Ki Moon, le secrétaire générale de l’ONU : « les mesures visant à assurer la pleine participation des femmes à la consolidation de la paix recueillent aujourd'hui un soutien sans précédent de la part de la communauté internationale ». Et si les femmes doivent pouvoir intervenir dans les processus de paix, c’est non seulement parce qu’elles sont souvent les premières victimes de la guerre mais aussi parce qu’elles ont prouvé qu’elles pouvaient avoir une forte influence sur la résolution des conflits. Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, expliquait en 2004 que « les femmes, qui ne connaissent que trop le prix des conflits, sont aussi mieux équipées que les hommes pour les prévenir ou les régler. Pendant des générations, les femmes ont été des éducatrices pour la paix, tant dans leur famille que dans leur société. Elles se sont révélées indispensables pour ce qui est de bâtir des ponts plutôt que des murs ».

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Légende : Une infirmière de la Croix-Rouge applique un bandage sur le front d’une jeune haïtienne après le séisme de janvier 2010. Crédits photo : La Croix-Rouge canadienne. ---

* Auteurs de l’étude : CIVICUS (Alliance mondiale pour la participation citoyenne), IAVE (Association internationale pour l'effort volontaire), VNU (Programme des Volontaires des Nations Unies).** Source : Rapport de l’ONU intitulé « Des faits des chiffres : Les femmes, la paix et la sécurité », 2005.

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