Environnement

Femmes et problématiques environnementales

« La Terre c'est la fertilité. La fertilité c'est la féminité, la rondeur, la vie ». Pour Vandana Shiva, physicienne indienne et figure majeure de l'écoféminisme, la connexion entre les femmes et l'environnement est une évidence. Egalement, parce qu'elles sont les premières vicitimes de catastrophes naturelles ou dégats environnementaux, leur sensibilité s'est développée. Leur rôle dans la recherche de solutions aussi.

Elles sont en première ligne lorsque survient une catastrophe

Dans les pays émergents, à chaque fois qu’une catastrophe naturelle se produit, les premières victimes sont les femmes et les enfants. Une étude réalisée par l’ONU en 2009 et qui s’intitule « Femmes, égalité des genres et changement climatique » montre que lorsqu’une violente tempête ou un séisme s’abat sur une zone habitée, les hommes ont de bien meilleures chances de s’en sortir. D’une part, parce que dans beaucoup de régions du monde, les tenues traditionnelles portées par les femmes  ralentissent leur fuite étant donné qu'elles leur laissent peu de liberté de mouvement et, d’autre part, parce qu’elles sont chargées de s’occuper des enfants et que lorsque le danger survient, au lieu de fuir, leur réflexe est de chercher un abri où elles pourront se réfugier avec leurs enfants. En 2010, lors du séisme en Haïti et des inondations au Pakistan, des millions de femmes et d’enfants ont ainsi péri sans avoir pu fuir le danger.

Les femmes occidentales ne sont pas toujours à l'abri de cette triste inégalité des genres face à des conditions climatiques extrêmes. Aux États-Unis par exemple, l'ouragan Katrina a plongé davantage de femmes que d'hommes dans la pauvreté, les laissant sans emploi ni toit.

Elles sont des consommatrices averties

En Occident, généralement, ce sont les femmes qui font les courses et la cuisine, elles sont donc les principales acheteuses de produits alimentaires. Elles sont les premières à observer la hausse ou la baisse des prix et veulent comprendre ce qui provoque ces fluctuations. Parce qu’elles s’informent sur les produits qu’elles achètent, elles savent en reconnaître la provenance et la qualité. Comme elles sont les plus exposées aux dérives de l’agro-alimentaire, elles sont aussi les premières à réagir lorsque des abus sont commis, par exemple lorsque les OGM menacent leur santé et celle de leur famille, ou lorsque l’augmentation des prix empêche les plus pauvres de profiter d’une alimentation saine. Expertes de la chaîne de consommation, les femmes se chargent également de la gestion du recyclage, de la réduction à la fois des dépenses énergétiques et de la production de déchets de leur foyer. (Voir l'article sur l'écoféminisme.)

Dans les pays en développement, les femmes représentent environ 70 % de la main-d’œuvre agricole et produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires. Elles sont en contact permanent avec la nature et ce sont elles qui traitent, gèrent et commercialisent ces denrées. Or, comme dans ces pays ce sont le plus souvent les hommes qui possèdent la terre et qui prennent les décisions, les femmes sont souvent exclues des projets de gestion agricole et de protection de l’environnement. En 2005, Kofi Annan, alors secrétaire général de l’ONU, affirmait que les connaissances et l’expertise de ces femmes devaient être mieux prises en compte par les gouvernements afin de développer des stratégies efficaces de prévention et de gestion des catastrophes.

Elles sont des agents clés de l'adaptation

En 2003, dans un rapport intitulé « Les Femmes et l'environnement », le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) démontre que le point de vue des femmes est « trop souvent négligé par les instances chargées de l’environnement » d'autant qu'elles seraient « les principaux agents de l'adaptation », notamment face au changement climatique. Ce constat pousse alors les Nations Unies à mettre en place des politiques d’inclusion des femmes dans les organes de décisions.

Aujourd'hui, les femmes ont encore du mal à s’imposer dans les débats internationaux sur l’environnement, mais les quotas imposés par les Nations Unies devraient amener les institutions gouvernementales à embaucher de plus en plus de femmes. Dans le même temps, l'INSEE observe qu'en France, les étudiants en biologie, droit et agro-alimentaire, filières privilégiées par ceux qui s'orientent vers des « emplois verts » ,  (source : www.letudiant.fr) sont majoritairement des femmes. On peut ainsi imaginer que l'influence des femmes s'étendra bientôt au secteur privé et à la recherche.

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