Françoise deaubonne

Françoise d'Eaubonne

Écrivain et militante féministe, Françoise d’Eaubonne était avant tout une anarchiste qui cherchait à rendre justice aux femmes et aux minorités qui ne pouvaient se défendre face à l’ordre établi. Elle est l'une des pionnières de l'écoféminisme en France.

Une enfance marquée par les guerres et par la Résistance

Françoise D’Eaubonne naît en 1920 à Paris. Son héritage familial la prédestine à une vie d’engagement et de rébellion : son père, un rescapé de la guerre de la première guerre mondiale, est un peintre sympathisant anarchiste et sa mère une révolutionnaire espagnole. Elle grandit à Toulouse. Françoise D’Eaubonne a 16 ans quand elle voit débarquer des milliers de républicains espagnols fuyant le régime franquiste. Quelques années plus tard, après la seconde guerre, elle est profondément marquée par sa rencontre avec des juifs revenus des camps de concentration.

Anarchie, communisme et féminisme

Étudiante à la faculté des lettres et à l'école des Beaux-Arts de Toulouse, Françoise D’Eaubonne est désormais une anarchiste convaincue, assoiffée de justice et de liberté. Ceci la mène au militantisme radical. Elle rejoint le Parti communiste. En 1949, la parution du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir l’initie au féminisme. Deux ans plus tard, elle publie son premier essai féministe Le Complexe de Diane. Elle devient une écrivaine prolifique (elle sera l’auteur d’une cinquantaine de romans, essais et biographies).

Dans les années 1960, révoltée par la guerre d'Algérie, Françoise D’Eaubonne s’engage dans la Résistance. Elle participe à la création du Mouvement de libération des femmes (MLF) et fonde avec Guy Hocquenghem le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) en 1971.

La pensée écoféministe

En 1974, avec l’américaine Rachel Carson (« Silent Spring », 1962), Françoise D’Eaubonne est l’une des premières à conceptualiser la pensée de l’écoféminisme dans son livre Le féminisme ou la mort, dont voici un extrait : « Deux fléaux menacent l’humanité tout entière : la surpopulation, et la destruction des ressources. On est bien obligé de constater qu’en s’appropriant jusqu’à présent la fécondité (des femmes) et la fertilité (du sol), ce sont les hommes et la société patriarcale qui nous ont menés à cette double catastrophe. » Elle fonde en 1978 le mouvement Écologie-Féminisme. Son engagement politique et idéologique l’amène à côtoyer, entre autres, Violette Leduc, Nathalie Sarraute, Colette et Simone de Beauvoir.

Toute sa vie, Françoise D’Eaubonne milite pour la défense des minorités et s’applique à répandre la pensée féministe.

Elle meurt à Paris le 3 août 2005 au matin.

Parmi ses ouvrages les plus connus qui n’ont pas été cités ci-dessus : Comme un vol de gerfauts (1947), Je voulais être une femme (1962), Le Féminisme (1972), Les femmes avant le patriarcat (1976).

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