Sida

Femmes, sida et développement durable : quel est le lien ?

Dans les pays pauvres, le sida est la principale cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer. L'invalidité des femmes malades a également des conséquences graves sur les communautés et les cellulles familiales.

Plus de 33 millions de personnes sont porteuses du virus du sida. Longtemps, la majorité des malades étaient des hommes. Mais depuis quelques années, l’épidémie du VIH/sida se féminise aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres. Et dans ces pays derniers, la contamination des femmes a des conséquences désastreuses sur la lutte contre la pauvreté.

Les femmes sont-elles plus exposées au sida que les hommes ?

Selon le rapport 2010 de l’ONUSIDA (pdf), dans certaines régions d’Afrique et des Caraïbes, les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont jusqu’à huit fois plus susceptibles d’être infectées par le VIH que les hommes.

Pourquoi cette différence ? Du point de vue médical, les populations les plus vulnérables au VIH sont les hommes homosexuels et les femmes hétérosexuelles. Depuis, le virus s’est aussi répandu au sein des populations hétérosexuelles et de récentes études statistiques ont montré que lors de rapports hétérosexuels, les femmes sont plus susceptibles d’être contaminées par le virus que de le transmettre.

Dans les pays en développement, la prostitution est très répandue et beaucoup de femmes ont recours au sexe comme monnaie d’échanges contre des cadeaux, de la nourriture ou contre une prise en charge financière (par exemple pour des frais de scolarité pour les femmes elles-mêmes ou pour leurs enfants). La plupart de ces rapports sexuels se faisant sans protection, ils constituent un véritable vivier pour l’épidémie.

D’autre part, les femmes souffrent d’un désavantage culturel qui fait que même si elles souhaitent avoir des rapports protégés, l’utilisation du préservatif va souvent dépendre du bon vouloir de leur partenaire masculin. La multiplication des partenaires et l’infidélité sont également des facteurs importants de l’épidémie. Dans les pays d’Europe centrale, où le pourcentage de contamination est en hausse : la majorité des femmes porteuses du VIH ont été contaminées par leur mari ou compagnon.

Les chiffres  de l’ONUSIDA indiquent que les campagnes de prévention ont permis de faire évoluer les mentalités. De plus en plus de couples affirment utiliser un préservatif pour plus de 75 % de leurs rapports et la contamination chez les jeunes (15-25 ans) aurait diminué de 25 % entre 2001 et 2009. Mais cela ne résout pas les problèmes qui se posent à celles qui doivent vivre avec le virus. Pour chaque malade qui reçoit un traitement, on compte deux nouveaux cas de contamination. Autant dire que l'on est encore loin de pouvoir soigner tous les malades.

De graves conséquences sur la lutte contre la pauvreté

Malgré la baisse des taux de contamination dans le monde, le nombre de personnes vivant avec le VIH ne cesse d’augmenter. Cela s’explique du fait que les malades vivent plus longtemps grâce aux nouveaux traitements. L’augmentation de la durée de vie des personnes séropositives est un progrès mais cela implique de nouveaux défis pour tous ceux qui doivent apprendre à vivre avec la maladie, ainsi que pour les sociétés qui tentent d’assurer les meilleures conditions de vie possibles aux malades. Mais il faut pour cela se confronter à un problème d’une plus grande ampleur : l’inégalité des genres.

Dans de nombreux pays en développement, l’inégalité des genres devant la loi et les violations constantes des droits des femmes empêchent ces dernières de pouvoir se protéger et de passer le test de séropositivité. Elles ont bien moins de contrôle sur leur corps et sur leur vie que les hommes. Elles vont moins à l’école, sont plus souvent illettrées que les hommes et ne peuvent par conséquent bénéficier des campagnes d’information et de prévention qui sont publiées dans les journaux que de façon indirecte.

En Afrique, où se concentre 10 % de la population mondiale et 67 % des séropositifs, le sida est souvent considéré comme une maladie honteuse. Ceci stigmatise les malades qui souffrent de nombreuses discriminations, aussi bien dans la recherche d’emploi que de logement et dans tous les aspects de la vie sociale. Beaucoup de femmes séropositives sont financièrement dépendantes des hommes et, quand elles ont la « chance » de ne pas être répudiées, elles doivent continuer à vivre avec ceux qui les ont contaminées. Certains maris interdisent à leur femme de se faire soigner ou même de sortir de chez elles, pour que personne ne sache qu’elles sont malades.

Très souvent, les femmes séropositives sont rejetées par leur famille et par la société dans son ensemble. Isolées et sans ressources, beaucoup d’entre elles sombrent dans l’extrême pauvreté.

En aidant ces femmes et ces jeunes filles à faire des études et à devenir financièrement autonomes, c’est la pauvreté que l’on fera reculer. En leur enseignant à lire, à écrire et à s’informer, les programmes d’aide ont permis à des centaines de milliers de femmes de se faire soigner, d’obtenir un emploi, de devenir autonomes et de financer l’éducation de leurs enfants. Toutes ces femmes deviennent alors des actrices majeures du développement économique et social de leur pays.

C’est un des huit buts que s’est fixée la communauté internationale à travers les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui doivent être atteints d’ici 2015. Pour en savoir plus sur l’impact que la santé des femmes et en particulier celles des mères peut avoir sur le développement, consulter le site des Nations Unies sur les OMD.

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