Travail famille

Le travail des femmes et l'émergence de problématiques nouvelles

Les nombreux bouleversements qui ont eu lieu en faveur des femmes depuis le début du XXème siècle ont fait émerger de nouveaux défis et nécessitent de redéfinir les rôles des uns et des autres afin de trouver un nouvel équilibre aussi bien dans l’environnement professionnel que privé.

Le travail des femmes a ses limites

Selon la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, une femme travaille en moyenne 40 heures par semaines, contre 43 heures pour les hommes. Est-ce à dire que les hommes travaillent plus que les femmes ? Tina Weber, du comité des affaires sociales du Centre Européen des Entreprises explique que « si l’on ajoute les activités non salariées des femmes, telles que la garde des enfants ou les tâches ménagères, à leurs activités professionnelles, les femmes travaillent plus que les hommes ».

Travailler plus dur pour moins de reconnaissance

Des études menées parallèlement en Europe et en Amérique du Nord ont montré qu’en moyenne, pour un même poste, les femmes doivent travailler plus dur que les hommes. Elles reçoivent pourtant des salaires inférieurs en moyenne de 15 % (en France) à ceux de leurs homologues masculins. Même lorsqu’on reconnait qu’elles sont compétentes et qualifiées, les femmes ont plus de mal à obtenir des responsabilités que des hommes moins expérimentés. Et le plus souvent elles sont très conscientes de cette inégalité de traitement mais ont peu de moyens pour la contrecarrer.

À la fatigue physique et nerveuse du travail viennent s’ajouter entre 20 et 30 heures de travail hebdomadaire au sein de leur foyer. On estime que les femmes actives consacrent près d'un tiers de leur journée au travail non rémunéré tandis que les hommes y consacreraient moitié moins de temps (voir tableau ci-dessous).

Moyenne quotidienne de temps consacrée au travail non-rémunéré

Tâches domestiques

Tâches parentales

Total

Femmes

17 %

12 %

29 %

Hommes

7 %

8 %

15 %

Sources : étude conjointe du CNRS et Paris I.

Une plus grande précarité de l’emploi

Un sondage de l’INSEE réalisé en France en 2007 montre que 11, 6 % des femmes salariées étaient alors en CDD (contrat à durée déterminée) ou contrat aidé – contre 6,9 % d’hommes dans la même situation – et 32,9 % d’entre elles travaillaient à temps partiel – contre 7,7 % chez les hommes. Comment expliquer cette différence ?

Le « risque de grossesse » constitue un obstacle à l’embauche, particulièrement pour les femmes âgées de 25 à 40 ans. En effet les employeurs craignent qu’une femme nouvellement employée en CDI ne parte rapidement en congé maternité. Pourtant,  la loi considère qu’il s’agit là d’une discrimination et interdit de prendre ce « risque » en considération dans le processus d’embauche.

Depuis le début des années 1970, la gestion des grossesses et de leurs conséquences sur la vie professionnelle des femmes n’a cessé de faire débat dans les assemblées parlementaires. Le travail à domicile, à temps partiel, le passage à des semaines de quatre jours ou encore le partage de postes sont quelques-unes des solutions proposées pour permettre aux femmes de poursuivre une activité professionnelle pendant et après leur grossesse. Mais pour le moment, les solutions proposées ne font qu’atténuer la précarité de l’emploi féminin sans régler le problème de l’inégalité des chances à l’embauche ni de l’écart salarial. Et chacune de ces formes d’aménagement du temps de travail influent différemment sur l'équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, ce qui pose des problèmes nouveaux qui, à leur tour, exigent des solutions...

Concilier vie professionnelle et
vie de famille

Avec l’avènement du travail des femmes à grande échelle, c’est toute la structure relationnelle des femmes avec leur entourage qui a été chamboulée. Si elles ont accédé à de nouvelles responsabilités et à une plus grande liberté de choix et d’action dans leur vie en général, elles n’ont pour autant délaissé ni leur rôle de mère ni celui de maîtresses de maison. Elles se retrouvent par conséquent face au défi d’organiser leur emploi du temps en fonction de ces multiples obligations. Mais quel est le prix à payer pour être capable de mener de front une carrière professionnelle et une vie familiale ?

On emploie de plus en plus le terme de « multitasking » (mot anglais désignant le fait d’accomplir plusieurs tâches en même temps) pour décrire la capacité qu’auraient les femmes de vivre plusieurs vies à la fois. Mais dans quelles mesures sont-elles véritablement « capables » de gérer toutes ces vies simultanément ? Cette hyperactivité nécessaire est génératrice d’un stress croissant, qui a des impacts aussi bien sur leur vie de couple, leur vie de famille et leur santé.

Le rapport Santé des femmes en France (pdf) publié en 2010 par le Conseil économique, social et environnemental national, montre que la santé des femmes est plus sensible que celle des hommes au stress lié au travail. On observe en particulier un niveau élevé de stress chez les femmes qui ont des enfants et des horaires de travail pouvant varier. L’étude montre que la violence dans l’organisation du travail est particulièrement répandue dans de nombreux emplois féminins : surcharge, cadence rapide, manque de formation, changements imprévus d’horaires... Et le stress généré par cette violence a des effets sur le taux de cholestérol, la prise ou la perte de poids et entraîne globalement une augmentation du risque d’accidents cardiovasculaires.

Quant aux risques de  cancer, en 2008 le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a révélé qu’il existerait un lien entre l’augmentation du nombre de cancers chez les femmes, notamment le travail de nuit (surtout lorsqu'il est cumulé avec des horaires de travail irréguliers, des weekends d'astreinte ou des décalages horaires fréquents).

Une étude menée en Suède par Europa, l’alliance européenne pour les familles, offre un aperçu d’un système qui semble porter ses fruits en permettant une plus grande égalité entre hommes et femmes en termes de conciliation de la vie de famille et de la carrière professionnelle. Parmi les facteurs contribuant à cette réussite : des dépenses généreuses en allocations familiales, des congés et des horaires de travail flexibles pour les parents de jeunes enfants et un service de garde d’enfants abordable et de grande qualité. Ce schéma parait difficilement transposable en France mais, qui sait ?

Pour en savoir sur les discussions en cours en France, consulter le site du ministère de la famille et de l’enfance.

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